TQO : La France s’offre la Russie !

Le 06/01/2016

L’équipe de France n’a pas manqué son entame de Tournoi de qualification olympique ! Opposés d’entrée à la Russie championne olympique, les champions d’Europe se sont imposés 3-1 (25-15, 20-25, 25-16, 25-19) au terme d’une partie menée de façon magistrale. Place à la Finlande jeudi.

Les champions d'Europe sont à l'heure ! Face à une Russie championne olympique que les hommes de Laurent Tillie n'avaient jamais battue depuis l'arrivée de ce dernier à la tête de la sélection en 2012, les Français ont offert mercredi soir un véritable récital, s'imposant en quatre sets au terme d'une partie magnifique. On leur promettait l'enfer, ce sont eux qui l'ont fait vivre aux troupes de Vladimir Alekno qui ont essuyé une rafale de coups et sont sortis groggy de cet affrontement quasiment à sens unique.

"Le plan de jeu que nous avions décidé de mettre en place a très bien fonctionné, s’est réjoui après avoir poussé un grand cri de satisfaction le sélectionneur Laurent Tillie. Les Russes ne savaient pas comment se dépêtrer de nos services flottants, de notre bloc défensif, c’est hallucinant ce qu’on a défendu ! Je crois qu'on a même réussi à faire plus de blocks qu'eux (effectivement 15 gagnants contre 11, ndlr). On savait où ils allaient jouer, on voulait ralentir la balle, placer notre défense qui a super bien joué, ensuite on a eu de la réussite en contre-attaque." Une réussite symbolisée par l’énorme match d’Earvin Ngapeth, auteur de 26 points, et palpable d’entrée : la France fait en effet le premier break après un challenge utilisé à bon escient par Laurent Tillie (5-3), suivi d’un ace sur service flottant d’Antonin Rouzier (6-3). 

Un premier block à deux Le Roux-Rouzier puis un nouveau block du pointu tricolore, omniprésent dans ce set initial (7 Points), permettent aux Bleus de se détacher (13-8), écart qui passe à +8 après une déviation subtile d’Earvin Ngapeth sur laquelle Kovalev se blesse (19-11). Intenable en cette fin de set (6 points, à 5/6 en attaque), le n°9 tricolore se charge lui-même de conclure la manche, enchaînant block-out et ace (25-15). La partie est bien engagée pour les champions d’Europe, mais les Russes réagissent dans la deuxième manche, réussissant à mieux lire le jeu adverse, et notamment celui de Rouzier, et à se montrer plus percutants en attaque, Mikhailov trouvant de plus en plus la mire (9 points contre 4 dans le premier set). Les débats sont serrés mais au moment d’aborder le money-time en tête après un challenge en leur faveur et un block de Le Roux (19-18), les Bleus encaissent quatre points de suite (19-22), avantage définitif pour la Russie qui égalise à une manche partout (20-25).

Les Bleus deviennent stratosphériques...

Sonnés les Français ? Point du tout ! Car si les champions olympiques font le premier break du troisième set (0-2 puis 6-8), ils essuient une terrible tempête de la part de Français devenus stratosphériques: blocks gagnants, défense héroïque, y compris avec les pieds, rallyes tous remportés et coups de génie d’un Ngapeth version MVP, la France aligne huit points de suite (14-8), écart qui passe à +7 après un rallye conclu par un Le Roux souverain (19-12), ce dernier, auteur de 11 points sur ce match (dont 4 blocks comme son compère du centre, Nicolas Le Goff), se chargeant lui-même de conclure la manche sur une puissante attaque dont il a le secret (25-16).

L’équipe de France tient sa proie, elle ne va plus la lâcher, prenant les devants d’entrée de quatrième manche (6-3), et si les Russes croient un moment un retour possible (15-14), ils finissent par craquer, encaissant six points de rang (21-14) avant de plier définitivement sur une ultime attaque d’Antonin Rouzier, auteur au final de 19 points. La France avait tout à craindre de ce premier obstacle russe, elle l’a franchi brillamment, mais rien n’est pour autant acquis pour les Bleus qui savent que la route vers Rio est encore semée d’embûches. "Le match de ce soir est déjà oublié…" a d’ailleurs conclu Laurent Tillie avant de s’éclipser dans la nuit neigeuse berlinoise…

Les réactions:

Earvin Ngapeth :
"Nous sommes arrivés sur ce match deux fois plus concentrés et nous avons réussi à les étouffer. Quand on joue comme ça, on épuise l’adversaire. Nous ne sommes pas l’équipe la plus forte mais quand on met du rythme et qu’on défend autant de ballons, c’est difficile pour nos adversaires. Il y a du soulagement par rapport au dernier match qu’on avait fait contre les Belges (0-3 en amical). Pas mal de doute s’était installé, on ne se disait pas qu’on avait perdu notre volley, mais cela avait été difficile pour le moral de perdre devant notre public dans une salle pleine pour notre premier match en France après le Championnat d’Europe."

Antonin Rouzier : "C'était difficile, ils nous ont poussés physiquement dans nos retranchements, mais on a réussi au troisième set à avoir une série au service qui a changé la physionomie du match, au final, on gagne 3-1 contre le champion olympique en titre. C’est un bon message pour les autres équipes, on peut compter sur l’équipe de France qui continuera à bien jouer au volley comme on l’a vu aujourd’hui. Il y a eu du très bon volley, des longs rallyes, on n’a jamais rien lâché, c’est bien, il faut continuer comme ça."