David BERTY, des plaquages à la maladie, combat d’une vie

Le 07/09/2015

International Français de Rugby de 1990 à 1996, quintuple champion de France (1989, 1994, 1995, 1996,1997), vainqueur de la Coupe d’Europe en 1996 avec le Stade Toulousain, vainqueur du Challenge Yves du Manoir (1993 et 1995), David BERTY est aussi et surtout  un papa heureux d’une jeune fille de 16 ans,  Loana, pensionnaire au pôle espoir de Bordeaux pour la 4ème année.

 

 

Après avoir affronté les meilleurs équipes du monde pendant plus de  15 ans, vous affrontez un nouvel adversaire, est-ce le match le plus difficile de votre vie ?

 Tout n’a pas été facile surtout au début. Car des premiers symptômes au jour du diagnostic, se sont écoulés 5ans. Puis, 5 années de plus pour passer le palier de l’acceptation de la maladie et me rendre compte que mon adversaire me laisse beaucoup de liberté et m’oblige à faire des choses nouvelles. Alors, maintenant, non je ne trouve plus le match difficile.

 

En 2012 vous publiez votre premier livre « Rien ne vaut la vie », pourquoi avoir écrit ce livre ? Que vous a-t-il apporté ?

 Suite à la coupe du monde de rugby de 2007. J’ai vu  des joueurs, que je connais, qui ont écrit un livre sur leur parcours sportif. Et j’ai eu un flash. Après tout, j’ai un parcours sportif intéressant avec un finale contre toute attente. Mais je n’y croyais pas trop.Mon épouse et mes filles m’ont incitées à le faire et en parler. Chose que j’ai faite avec un médecin qui m’a dit les mots qui m’ont motivé à le faire : « ce que vous allez dire sur ce livre, nous l’exprimons aux patients. Mais c’est un médecin qui parle à un patient. Là, ce sera un patient qui parlera aux patients ». 2010, je me lance dans l’aventure et le livre sort en 2012. Le fait de faire ce livre m’a apporté beaucoup de choses que je ne peux pas décrire car elles sont nombreuses et diverses. En quelque sorte c’était mon traitement à moi.

 

 

Vous qui avez tout connu,  du bouclier de Brennus aux lits d’hôpitaux, de l’isolement le plus sombre au bonheur retrouvé, quels conseils pourriez-vous donner aux personnes qui comme vous, ont vu leur vie changer du jour au lendemain ?

 Le premier, est de s’armer de beaucoup de patience. Ensuite l’erreur à ne pas commettre et que j’ai commise pendant de nombreuses années, est de s’isoler. Après c’est d’essayer de positiver ce qui vous arrive. Je regarde autour de moi et je trouve toujours quelque chose qui me fait dire que j’ai beaucoup de chance. Je sais que c’est facile à dire et que cela ne fonctionne pas en un claquement de doigts. Peut-être que mon parcours sportif m’a aidé pour affronter cet adversaire, peut-être pas. Je ne sais pas. Au tout début de la maladie, je disais que je vais me battre. Maintenant j’ai changé mon fusil d’épaule. Je vais apprendre à vivre avec.

 

Parrain de l’Association Française des Sclérosés en Plaques pendant plus de 10 ans, pouvez-vous nous parlez de votre association ?

 C’est vrai que j’ai été parrain de l’AFSEP pendant dix ans, j’ai arrêté de l’être depuis deux ans. Maintenant je suis parrain de l’association « SEP ensemble »Association qui a pour objet de faire parler de la SEP, de la faire mieux connaitre, sans la banaliser, aux patients, à leur famille et à tout le monde. De faire connaitre toutes les associations qui existent pour venir en aide à ces personnes.

 

 

 Enfin, quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui veulent se lancer dans une carrière de sportif de haut niveau ?

 Retenez qu’une carrière de sportif de haut niveau est courte et truffée d’embuches. Il y a des points importants à tenir compte quand on choisit de faire carrière de sportif de haut niveau. D’un point de vue scolaire mettez le même engagement, que vous avez dans le sport, dans votre vie scolaire. Dans le sport, vous répétez sans cesse des actions pour que votre cerveau l’assimile. La partie scolaire, c’est pareil, il faut s’entrainer. Il ne faut pas non plus négliger son corps. Il est votre outil de travail, il faut le ménager et être à son écoute. Si vous faites des excès, vous allez le payer cash. Une blessure est vite arrivée et peu détruire une carrière. La reconversion : Tous les clubs sportifs, quel que soit le niveau, ont des partenaires ou un tissu économique qui les entourent. Alors, profitez de ces contacts pour avoir une expérience professionnelle.

 Une carrière de sportif de haut niveau n’est pas simple mais si vous faites tout ce que demande celle-ci, vous vous retrouverez mieux armés pour grandir et évoluer tant sur le plan sportif, professionnel et personnel.

 

L'ensemble de la Ligue d'Aquitaine remercie trés chaleureusement Monsieur David BERTY de nous avoir accordé cet interview.