Le bilan de la saison avec Eric Tanguy

Le 28/09/2016
La saison internationale terminée en volley et en beach, l’heure est au bilan pour le président de la Fédération Française de Volley-Ball, Eric Tanguy. Un bilan globalement encourageant.Président, commençons par le volley masculin français, quel bilan dressez-vous de la saison de l’équipe de France de Laurent Tillie ?
Il est globalement très positif puisque sur la saison internationale, notre équipe de France remporte la médaille de bronze en Ligue Mondiale et se qualifie pour les Jeux Olympiques de Rio, ce qui constituait l’objectif des quatre dernières années. Après, nous avons forcément un petit goût d’inachevé sur les Jeux, dans la mesure où nous espérions un meilleur classement que celui que nous avons obtenu, mais le résultat est globalement très satisfaisant.

Qu’a-t-il manqué à cette équipe de France pour terminer plus haut à Rio ?
L’expérience olympique a forcément manqué, parce que les Jeux Olympiques sont une compétition qui ne ressemble à aucune autre. Les joueurs sont habitués à vivre à l’hôtel avec des plannings assez cadrés, là, ils se sont retrouvés dans un village olympique, mélangés à tous les sportifs d’autres disciplines dans une ambiance particulière, avec des contraintes de transports et d’horaires inhabituels, on ne joue quasiment jamais à 9h30 du matin comme on a dû le faire à Rio. Tous ces éléments ont forcément compté. Le haut niveau implique une succession de petits détails dont certains nous ont peut-être manqué.

La suite du programme des Bleus toujours dirigés par Laurent Tillie ?Nous n’avons pas encore tous les éléments du parcours du combattant que l’équipe de France devra encore suivre pour se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo. En attendant, le prochain objectif est la qualification pour le Championnat du monde 2018 (en Italie et en Bulgarie) qui aura lieu au mois de mai et que nous essayons d’organiser en France. Nous postulerons dès que l’appel d’offres de la CEV sera lancé, sachant que nous avons posé des jalons auprès de Lyon qui nous a répondu favorablement pour accueillir ce tournoi de qualification.
"Nous travaillons sur du long terme avec l'équipe de France féminine"

Passons aux filles, qui ne sont pas parvenues à se qualifier pour le Championnat d’Europe 2017, forcément une déception ?
Oui, le résultat est plus mitigé. L’objectif de l’année était cette qualification pour le Championnat d’Europe, notre équipe de France passe à côté au terme d’un tournoi aller-retour où elles ont quand même gagné la moitié des matchs, trois victoires pour trois défaites, elles échouent finalement de peu pour la deuxième place. Il a sans doute manqué une ou deux joueuses d’expérience sur ce TQCE qui, dans les moments difficiles que nous avons connus, notamment lors du tournoi aller à Bordeaux, auraient été capables de terminer le point et nous faire gagner les sets qui auraient pu faire basculer le match en notre faveur. C’est dommage, parce que ce Championnat d’Europe aurait été un point d’étape intéressant vers la construction d’un groupe, sachant que nous travaillons avec cette équipe de France sur du long terme : l’objectif est de la ramener à un classement digne de notre pays, l’ambition est vraiment de se préparer pour avoir une équipe de France performante en 2024. 

Pour cela, il faut puiser dans le jeune réservoir français, quel bilan faites-vous des performances des équipes de France juniors, toutes deux qualifiées pour leur Championnat d’Europe, mais qui n’ont pas réussi à se hisser en demi-finales ?
Le point positif, c’est que nos deux équipes de France ont réussi à se qualifier dès le premier tour pour leurs championnats d’Europe respectifs. Les filles ont démontré que notre niveau français n’était finalemnt pas si loin du haut niveau européen. Nous pensions que l’écart était plus important avec les grosses nations, finalement, au vu des résultats, nous ne sommes pas très éloignés. Avec un peu de travail, nous pourrons continuer à progresser pour nous en rapprocher, voire les dépasser. Pour les garçons, il y a peut-être un peu plus de déception, cette équipe de France était un peu jeune, ce qui ne lui a pas permis d’obtenir les résultats que nous avons été habitués à avoir ces dernières années, mais elle n’est pas très loin des meilleures équipes européennes.

"Un programme complet de quatre ans sur la prochaine olympiade en beach"

Passons maintenant au beach : les paires n°1 françaises, tant chez les garçons que chez les filles, ne sont pas parvenues à se qualifier pour les Jeux Olympiques, est-ce un échec ?
C’est vraiment un regret parce qu’il y avait sans aucun doute la place pour se qualifier. Nous avons fait un gros effort au niveau de la Fédération pour structurer ce secteur beach et lui donner les moyens de performer dans de bonnes conditions, il a manqué un petit quelque chose qui nous aurait permis d’atteindre l’objectif olympique. Nous avons vu que nous étions capables de battre de très bonnes équipes, d’obtenir des performances dans des compétitions de niveau mondial, il faut encore travailler sur la régularité, être capable d’avoir un niveau constant sur plusieurs compétitions et pas seulement de faire un exploit de temps en temps. Mais ces résultats démontrent aussi que si nous faisons un programme complet sur une olympiade entière en travaillant avec des objectifs précis sur des points d’étape, nous pouvons y arriver. Là, nos efforts se sont concentrés sur une demi-olympiade en renforçant sur la dernière année, je pense qu’en travaillant sur quatre ans, nous pourrons augmenter notre niveau.

Cap donc sur Tokyo ?
Oui, il faut d’abord dans l’année qui vient faire les bons choix au niveau de la composition des paires puis ensuite les faire travailler, les faire participer à toutes les compétitions internationales possibles, afin d’acquérir des points et espérer obtenir directement notre qualification via le ranking pour les prochains Jeux Olympiques, plutôt que de la jouer sur une compétition couperet comme cela a été le cas en juin avec la Continental Cup.

Le point positif, c’est que tant chez les garçons que chez les filles, de jeunes paires continuent à progresser, ce qui laisse augurer une vraie émulation en équipe de France…
Oui, nous continuons à avoir d’excellents résultats en jeunes, nous faisons partie des meilleures nations européennes, ce qui est encourageant et me permet d’espérer que nous arriverons à repositionner la France sur l’échiquier mondial du beach-volley. Nous allons en tout cas mettre les mêmes moyens pour que ce projet-là se déroule sur les quatre prochaines années afin d’avoir des paires de niveau mondial.